Septembre 1944 : l’Opération ASTONIA

Le Ier corps britannique, commandé par le général Crocker détachera 2 divisions pour libérer la forteresse du Havre, soit près de 45 000  hommes :

-        la 51ème division écossaise (51st Highlander division),

-        la 49ème division britannique (49ème West Yorkshire division).

 

Aux portes du Havre dès le 1er septembre, les villes de Saint-Romain, Saint-Aubin-Routot, Sainneville, Manéglise et Angerville-l-Orcher sont libérées. Montivilliers et Cauville le seront le dimanche 3 septembre.

Pendant ce temps des tractations seront menées par les britanniques et français pour exiger la capitulation des 11 000 soldats allemands. Rien n’y fera, le dernier ultimatum sera refusé par le colonel Wildermuth. Les britanniques refuseront à leur tour, la demande allemande de suspension des combats pour évacuer les civils.

Le 5 septembre, les alliés déclencheront de terribles bombardements avec plus de 1800 tonnes de bombes sur le centre ville et plus de 1500 tonnes sur la ville haute le 6 septembre avec la tragédie du tunnel Jenner.

Le 8 septembre, de nouveaux bombardements intenses auront pour cibles Fontaine-la-Mallet, quasiment détruite, les Monts-Trottins et Octeville-sur-Mer.

Le dimanche 10 septembre 1944, l’Opération Astonia est déclenchée. A 16 h 15, par de nouveaux bombardements aériens sur les défenses allemandes entre Montivilliers, Fontaine-la-Mallet et Octeville-sur-Mer et à 17 h 15 par les troupes au sol.

L’attaque terrestre est ciblée sur Fontaine-la-Mallet, qui présente un secteur ravagé, là où le fossé anti-char n’est pas terminé et sur le plateau d ‘Epremesnil à Montivilliers. Le lundi 11 septembre, les troupes britanniques perce la défense allemande et par contournement, via les Monts-Trottins, libère Dondenéville, Octeville-sur-Mer. Blockaus par blockaus, les allemands se rendront aux troupes écossaises de la 51st Highlander division (152ème brigade). Vers 15 heures, le Hameau de Dondenéville est libéré, celui des Quatres Fermes dans la soirée, l’aéroport au petit matin. Nous sommes le 12 septembre 1944, Octeville-sur-Mer et la région havraise sont libérées, les allemands ont capitulés !

 

Il faudra attendre le 8 mai 1945 pour la capitulation définitive du régime nazi.

Conférence vendredi 4 juin 18 H à Octeville-sur-Mer

Dès l’invasion de 1940, l’occupant s’installera progressivement en Pointe de Caux et en particulier sur le littoral Cauchois. S’engagera alors un chantier énorme pour la construction du Mur de l’Atlantique avec près de 400 ouvrages construits dans notre secteur. De nombreux vestiges nous rappellent toujours ces années terribles où la population locale, les forçats et prisonniers contribuèrent en grande partie à la construction du système défensif allemand sous le joug des soldats. Viendra alors le débarquement de Normandie le 6 juin 1944 et les premières libérations des villes Normandes, après des années d’occupation et de nombreux bombardements meurtriers, la Pointe de Caux découvraient ses Libérateurs au prix de terribles souffrances et destructions.

Pour marquer l’anniversaire du Débarquement de Normandie, l’association ASTONIA organise une conférence gratuite à Octeville-sur-Mer le Vendredi 4 juin à 18 H 00,  Salle Michel Adam , ouverte à tous, qui retrace les faits marquants de 1939 à 1944, intitulée :  « La Pointe de Caux, de l’occupation à la Libération ».

Pendant une heure, à travers des documents d’époque issus d’Octeville-sur-Mer et des environs proches, l’association présentera les années d’occupation, les travaux de fortification en Pointe de Caux et les faits marquants de la Libération en septembre 1944.   

 

 

 

La Libération de Gainneville

Après la traversée de la Seine par les alliés dès fin août 1944, Rouen se trouve libéré le 31. La 1ère armée Canadienne, dont deux brigades de la 2e Division d’infanterie ont déjà effectué le malheureux débarquement de Dieppe (opération Jubilee) en août 1942, a pour mission de libérer le Pays de Caux et sa forteresse « La Forteresse du Havre ».

Ce sera le 1er corps d’armée Britannique comprenant les 49ème division d’infanterie  et 51ème division écossaise qui aura cette lourde tâche. La rapidité de la progression jongle avec les libérations des villes traversées et dès le 1er septembre les villes de Veules-les-Roses, Yvetot, Bolbec, Saint-Romain de Colbosc, Saint-Aubin-Routot, Sainneville, Manéglise et Angerville-l’Orcher sont libérées !

 Au 2 septembre, la ville du Havre est ceinturée par les deux divisions, à l’est la 49ème division d’infanterie (49th West Yorkshire Division) et au nord, la 51ème division écossaise (51st Higlander Division) qui revient de libérer Saint-Valéry-en-Caux.

L’avant des troupes de la  49ème division d’infanterie et en particulier le 4ème Bataillon du Lincolnshire Régiment (4th Battalion The Lincolnshire Regiment)  rattaché à la 146ème Brigade d’Infanterie (146th Infantry Brigade) est à proximité de Gainneville.

 

Il trouve en face de lui, une résistance allemande bien organisée dans le bourg avec des troupes du 3ème bataillon du 5ème Sicherungs Regiment (régiment de sécurité) arrivées récemment au Havre le 28 août.

Dans l’après-midi du 2 septembre,  les premiers obus tombent sur le centre du bourg et sur la propriété Thieullent où les allemands sont regroupés. Une dizaine de morts et de nombreux blessés sont dénombrés parmi les civils !

 

En fin de journée, vers 19 heures, les troupes Britannique du 4ème Bataillon du Lincolnshire Régiment se lancent à l’assaut de Gainneville. Retranchée dans le cimetière autour de l’église, la propriété Thieullent où dans les vergers voisins, la centaine d’Allemands résiste farouchement aux libérateurs. Ce sera un combat maison par maison, point fort par point fort.

 

Pendant près de 3 heures, les combats feront rages dans le centre assiégé par les différentes compagnies du régiment.

 La nuit verra la fin de la bataille avec la retraite des troupes allemandes sur Gonfreville l’orcher, notamment au château de Bainvilliers et sur les points fortifiés du Mont Cabert.

Les allemands abandonneront plus de 20 prisonniers et un matériel important dans Gainneville.

 Gainneville libéré deviendra un avant poste pour les alliés, tant pour l’entraînement des troupes au combat avant le déclenchement de l’opération ASTONIA que pour les négociations avec l’état majeur du colonel Wildermuth !

 

Voici l’extrait du livre ‘The History of the 10th Foot 1919-1950′  du Major L.C. Gates

 

‘The early evening of 2nd September found the 4th Lincolnshires in the village of St. Aubin Routot, forming up for an attack on the adjacent village of Gaineville, which covered the main approach to Le Harve from the east. The attack was carried out with two companies forward, ‘A’ on the right, ‘B’ on the left, followed by ‘C’ and ‘D’ Companies respectively.  The main road which formed the axis of the advance was inclusive to ‘B’ Company.  Artillery and mortar support was available and the Battalion’s six-pounder anti-tank guns were ready to go forward as soon as the objective was captured.  ‘B’ Company, under Major Flint, advanced with a great dash and by sheer fire power cleared a way into the heart of the emery position.  ‘A’ Company on the right made good progress at first, but were slowed down by cattle fences of barbed wire, so thick and strong that it defied the use of ordinary wire cutters.  Their first objective was an orchard containing several houses, held by the enemy.  Their left platoon, No 8, came under heavy Spandau fire from the left as they debouched from the garden of a large house, and they were temporarily checked.  Despite this, one section, under Sergeant Bland, succeeded in pushing on to their immediate objective, where they again came under fire from a light machine gun in a belt of trees in front.  Without waiting for further orders, Sergeant Bland pushed straight on to the belt of trees and forced the Schmeisser (L.M.G.) to withdraw; then with two men, leaving the remainder to give him covering fire, and still under fire from another machine gun, he moved rapidly on the Spandeau that was holding up the platoon, surprised by the enemy and took six prisoners.  For this gallant and resourceful action he was later awarded the Military Medal.  By nightfall both companies had gained their final objectives, although ‘A’ Company’s last advance had been made in virtual darkness.  Each company collected some 20 prisoners, and several more were brought in during the night and a considerable amount of equipment’.

  

http://www.thelincolnshireregiment.org/tomanderton8.shtml

51st Highlander Division

Ci-dessous la composition de cette division.  

Le site officiel : http://www.51hd.co.uk/ 
 
 
 
 
 

 

 

152nd Infantry Brigade

  • 2nd Battalion, The Seaforth Highlanders
  • 5th Battalion, The Seaforth Highlanders
  • 5th Battalion, The Queen’s Own Cameron Highlanders

153rd Infantry Brigade

  • 5th Battalion, The Black Watch
  • 1st Battalion, The Gordon Highlanders
  • 5/7th Battalion, The Gordon Highlanders

154th Infantry Brigade

  • 1st Battalion, The Black Watch
  • 7th Battalion, The Black Watch
  • 7th Battalion, The Argyll and Sutherland Highlanders

Divisional Support Units

276th Field Company, Royal Engineers

Le 329ème régiment d’infanterie du Havre

 

Reformé au Havre entre le 1er et 11 septembre 1939, il appartient à la 53ème division d’infanterie. Le IV bataillon est dirigé par le commandant Sélignat. Il doit défendre la côte, de Dieppe à l’embouchure de la Seine. De septembre à mai 1940, il assure des missions de surveillance et poursuit son instruction. Le 17 mai, le bataillon change de direction et se regroupe en direction de Fécamp et de Goderville. Le 7 juin, ordre est donné de resserrer les organisations défensives et un nouveau dispositif est mis en place dans le triangle Fécamp-Bréauté-Montivilliers.

 

C’est le point d’appui de Fécamp qui sera le premier en contact avec l’ennemi qu’il retardera de plus de 24 heures, permettant aux troupes encore au Havre de s’embarquer ou de traverser la Seine.

 

Le jeudi 13 juin 1940, les allemands arrivent au Havre.

 

Les autres bataillons du 329ème partiront vers la frontière Belge jusqu’au début de l’année 1940. Le régiment débarque ensuite dans les Ardennes à l’aube de l’offensive allemande où il croise de nombreux civils venant du Nord et de la Belgique. Les premiers coups de feu sérieux avec les allemands commencent le 12 mai. En l’espace de 3 jours, le 329ème est complètement disloqué, laissant de nombreux prisonniers, mais beaucoup ont trouvé une mort héroïque sur les champs de bataille. Reconstitué, il reprendra les combats en freinant les troupes allemandes sur la Marne, l’Aube puis la Seine. Le 18 juin, les derniers éléments sont encerclés puis capturés après avoir épuisé toutes leurs munitions. Le drapeau du 329ème fût secrètement caché jusqu’à la Libération.

Les Opérations de Déminage

Aspect peu connu du retour à la paix, le déminage de la France après 1945 a pourtant été une tâche essentielle de la reconstruction du pays. Avant même de songer à rebâtir, les pouvoirs publics issus de la Libération durent s’atteler à cette séquelle des récentes opérations militaires mettant en danger les populations civiles. La neutralisation des millions de mines restées tapies dans le sol national fut ainsi un préalable à la sortie définitive de la guerre.

Le déminage, un préalable à la reconstruction

C’est pourquoi le gouvernement provisoire, jugeant qu’il s’agissait bien d’un préalable à la reconstruction, confia le déminage au ministère de la reconstruction et de l’urbanisme, créé en novembre 1944. La direction du déminage y fut organisée en février 1945 sous la responsabilité de Raymond Aubrac, ancien commissaire de la République à Marseille.

La saisie des documents du commandement militaire qui suivit la reddition allemande permit de connaître les détails des plans des champs de mines, leur disposition et les différents types d’amorçage et d’explosifs employés.

          Première opération de déminage en France : Printemps 1945

          1% du territoire, l’équivalent de Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille

         30 à 48000 Prisonniers de Guerre Allemands, 3000 Français

         De 1945 à 1947 : 2000 tués Allemands, 592 tués chez les démineurs Français et + de 800 blessés graves (7 accidents / 10000 mines)

         475 680 hectares nettoyés dont 220 000 de terres cultivable, soit + de 13 millions de mines, 663 000 obstacles marins dont 1 tiers miné

 

Les travaux de déminage étaient considérés comme achevés la fin de 1947.

 

 

 

 

 

Déminage sur la route de Montivilliers à Octeville-sur-Mer.

La vie sous l’occupation

Après la défaite de la France en 1940, tout manque au quotidien : les denrées alimentaires, les produits de 1ère nécessité et les matières premières. Des tickets de rationnement sont obligatoires dans les magasins pour acheter les denrées contingentées.

Les tickets de Rationnement

L’utilisation des titres débute lors de la deuxième quinzaine de septembre 1940. En octobre 1940, la ration journalière de pain de chaque consommateur est alors de 350g ; quatre ans plus tard, elle est ramenée à 125g pour les enfants et 250g pour les autres catégorie, sauf les « J3 », c’est-à-dire les jeunes de 13 à 21 ans, lesquels ont droit à 375g.

 

Concernant la viande, hormis certains jours de fermeture obligatoire des rations de 350g dont 20% d’os par bénéficiaire. Là encore, les portions diminueront pour tomber à 250g en octobre 1944. Le fromage, distribué par quantité de 50g hebdomadaires au début du conflit, chutera, sauf catégorie particulière, à 20g en 1944. Le lait est distribué en ¼ de litre, ½ litre et ¾ de litre, selon l’âge des enfants. Le lait entier des débuts se décline en standard, demi-écrémé, et même en concentré sucré, non sucré ou en poudre.

 

Lors du dernier trimestre 1940, les cartes de produits rationnés se succèdent. C’est désormais au tour de la carte de denrées diverses de voir le jours. Elle est destinée à la distribution de fromage, des matières grasse et des substances ne disposant pas d’une carte spécifique. Elle cessera d’exister en juin 1948.

Les pommes de terre ont, bien entendu, aussi leur carte, en mars 1941. La ration mensuelle et alors de 1 kg, puis passera à 2kg en 1943. Tous les fruits et légumes, à un moment ou un autre, ont aussi été frappés par des mesures de restrictions et de distribution contingentée, y compris les rutabagas.

Côté liquide, le volume mensuel de vin attribué entre 1942 et 1945 est de quatre litres pour les « J3 », les « V », et les «T ». Il est de six litres pour les « C », les travailleurs de force se voyant attribuer un supplément. A partir de 1944, les femmes allaitant peuvent obtenir un certificat fourni par les sage-femme.

 

Beaucoup d’ersatz

 

Dès 1940, la vente du café est interdite, un produit de substitution est alors proposé en échange sous le nom de café National, composé de 1/3 de café et 2/3 de succédané. Le sucre aussi est rationné, même en version saccharine ou

sucre de raisin et de miel. En 1940, la ration mensuelle varie de 150g à 1kg selon les régions pour les « E », et 500g pour les autres. Le tabac est également concermé par la distribution quantifiée, la cart de tabac apparue en novembre 1941 voit, elle aussi, évoluer les rations au fil du temps. En moyenne, il était remis deux paquet de tabac aux hommes de plus de 18 ans ; les femmes ; pour leur part, ne seront concernées qu’à compter de décembre 1945 !

 

Le savon, contingenté dès novembre 1940, le sera jusqu’en 1949. Des cartes savons « homme » avec supplément de savon à barbe, et des savons «femme et enfant» seront distribués. Il s’agissait de produits à forte teneur en argile, peu agréables à utiliser.

 

 

Le Système « D »

Les Français doivent improviser pour survivre, commence l’époque du système ” D ” et du marché noir. On élève poules et lapins dans les appartements, les citadins doivent parcourir de grandes distances à pied ou à vélo pour acheter à prix d’or dans les fermes la viande et les légumes qui manquent cruellement.

Les fortifications sur Octeville-sur-Mer

Dès leur arrivée au Havre, les Allemands disposent plusieurs batteries pour se protéger des attaques de l’aviation alliée mais c’est avec l’ouverture du front russe en 1941, que les premiers travaux de fortification sont organisés.  Un second élan est donné après le coup de main manqué à Dieppe le 19 août 1942, lors de l’opération « Jubilee ». 

Pendant 2 ans de travaux intenses menés par l’Organisation Todt,  près de 15000 ouvrages fortifiés sont construits et se répartissent sur les côtes ouest de l’Europe. Le dispositif est complété par le système de défense imaginé par le maréchal Rommel et installé à partir de novembre 1943 : il s’agit d’obstacles de toute nature (pieux, rails, troncs d’arbres, pièces en acier et en béton, hérissons ) généralement munis de charges explosives. Sur les plages ou dans les champs, des réseaux de barbelés et de mines sont placés ainsi que les « asperges de Rommel ».

Le Havre fera partie intégrante de ce projet et fera des communes limitrophes, des zones interdites, complètement ceinturées de défense avec près de 400 ouvrages bétonnés :

- sur la façade maritime, les falaises sont un mur infranchissable. Quant au front de mer et au port, ils sont suffisamment défendus pour faire barrage à tout assaut,

- à l’Est, la vallée de la Lézarde, inondée, est un réel obstacle. Le plateau dominant Harfleur est également fortifié et constitue le bastion Sud Est de la forteresse avant les marais et la Seine,

- au Nord par un large fossé large de 9 mètres, profond de 6 mètres, qui part du plateau d’Epremesnil, vers Fontaine-la-Mallet par Fréville. Puis sur l’autre versant de Fontaine, il cours à travers la plaine vers Dondenéville. Il se sépare ensuite en deux branches :

- l’une vers l’ouest par le Moulin et le Tôt, jusqu’au falaises,

- l’autre vers le nord en contournant Octeville et le “ Café Blanc ” par l’est.

 

De nombreux champs de mines viendront complétés le dispositif tout le long du fossé antichar, parsemé de points fort et de postes d’observation des batteries installées dans les fermes et sur les hauteurs.

 

Les batteries allemandes positionnées sur la commune étaient situées :

-         Ecqueville, sur les terres de la ferme Degenetais. On y trouve 4 canons de 105 mm d’une portée de 18 kilomètres sous casemate encore visible actuellement. Derrière se trouve la tour de direction de tir avec de nombreux abris à munitions et un grand réfectoire (disparu en 1991)  ainsi que divers ouvrages fortifiés ,

-         La Brière dont les canons furent déplacés à Ecqueville en 1943,

-         Dondenéville. La plupart des fermes du hameau poccèdent des ouvrages fortifiés, avec notamment une casemate pour cloche blindée, unique en Haute-Normandie.

-         Les 4 fermes et Le Moulin où les ouvrages sont encore visibles de la route national,

-         Edreville, sur le site de Sidel, emplacement d’une batterie de flak (DCA Allemande) aujourd’hui détruite. Il reste  néanmoins quelques ouvrages notamment un abri pour projecteur.

 

 

Les troupes Allemandes

 

 

La 15ème armée allemande est en charge de la côte Nord-Ouest de la France et c’est le 81ème corps qui gère la Seine Maritime et plus particulièrement la 17ème Luftwaffe Feld Division stationnée dans la région de février 1943 jusqu’en août 1944.

 

Cette division se composait du :

 

         33ème régiment de chasseur : Octeville-sur-Mer, Montivilliers, Fontaine-la-Mallet, Harfleur, Le Havre

         34ème régiment de chasseur, : Etretat, Fécamp

         47ème régiment de chasseur (juillet 44)

         Ainsi que d’autres unités de complément réparties sur le département.

 

En août 1944, la division est retirée en grande partie de la région pour combattre les unités américaines près de Dreux. La division sera anéantie dès les premiers jours de combat et dissoute le 28 septembre 1944. Le reste des troupes de la division permettront de constituer le 167. Volks-Grenadier-Division.

 

En plus de cette importante division,  il y avait également d’autres bataillons :

 

         Pionniers de Forteresse

         Artillerie Côtière (HKAR 1254)

         Deux détachements de l ’artillerie (HAA 1149 et 1150)

         Un détachement  d ’artillerie de marine (MAA 266)

         Des batteries de Flak (lourde 193ème ; légère 873ème)

        Des unités de marine pour la protection du littoral et du port

L’invasion Allemande

Le 10 mai l’armée allemande lance, par surprise, son offensive générale sur le front Ouest.  Dès le 13 mai, la principale offensive allemande frappe à travers les Ardennes, perce le lendemain les lignes françaises à Sedan.

 

A Dunkerque, l’évacuation maritime de la poche alliée où s’entassent 500000 combattants et 80000 civils sans vivres a commencé. Le 4 juin, les Allemands occupent le port et la ville. 240000 soldats britanniques, 115000 Français, 16000 Belges et Hollandais ont été sauvés sans leur matériel. Le corps de bataille français est anéanti.

Le 5 juin, à l’aube, les Allemands repartent à l’offensive avec 47 divisions assaillant les armées françaises. La bataille est très violente sur l’Aisne, la Somme, l’Oise.

 

Les premières troupes Allemandes entrent dans Rouen le 9 juin, Yvetot le 10 juin, Fécamp et Saint-Valéry-en-Caux le 11 juin où les unités française et écossaises sont encerclées.

 

Le 13 juin, Le Havre et sa région tombent aux mains des Allemands.

 

Le maréchal Pétain prend tête du gouvernement le 17 juin et établit alors à Vichy un régime dit “État français” : il prône la “collaboration” avec le Reich allemand. Le même jour, le général de Gaulle part en avion à Londres pour y continuer la lutte aux côtés de Winston Churchill et, le 18, il lance son célèbre appel à la résistance sur les ondes de la B.B.C.

Le 22 juin 1940 à Rethondes ( Oise ) est signé l’armistice mettant fin aux combats entre les armées française et allemande.  La France a perdu 92000 morts, 250000 blessés ; en outre, 1850000 hommes sont prisonniers de guerre dont 1500000 vont être internés en Allemagne. L’armistice scinde le pays en deux, séparé par une ligne de démarcation.

 

Elle est instaurée par l’article 2 de la Convention d’armistice, la ligne de démarcation parcourt treize départements sur près de 1 200 kilomètres.